REER de conjoint 2026 : comment fonctionne la règle des trois ans ?
Choisissez l’année de votre dernière cotisation au REER de votre conjoint et l’année du retrait prévu : le simulateur dit qui sera imposé sur le retrait.
Retrait imposé au cotisant
2029
Première année où le conjoint peut retirer sans que le montant revienne au cotisant : 2029.
| Année de la dernière cotisation | 2026 |
| Les deux années suivantes | 2027 et 2028 |
| Retrait prévu | 2027 |
Préparé par Radif Partners · Méthode de calcul · plafonds et barèmes lus sur canada.ca · estimation, pas un avis de cotisation
Un REER de conjoint appartient à votre époux ou conjoint de fait, mais c'est vous qui y versez l'argent et qui déduisez la cotisation, dans la limite de votre propre maximum déductible. Plus tard, les retraits sont imposés au nom du conjoint, souvent à un taux plus bas. Une exception freine les allers-retours : si vous avez cotisé à un REER de conjoint l'année du retrait ou l'une des deux années précédentes, le montant retiré est ajouté à votre revenu, pas au sien. Après une dernière cotisation en 2026, un retrait n'est imposé au conjoint qu'à partir de 2029. Le gain vient de l'écart entre les deux revenus à la retraite : en Ontario, un couple qui touche 70 000 $ et 20 000 $ paie 12 633 $ d'impôt en 2026, contre 11 227 $ s'il se partage 90 000 $ à parts égales, soit 1 406 $ de moins chaque année. Au Québec, l'écart atteint 1 406 $.
Qui cotise, qui déduit, à qui appartient le compte
Un REER de conjoint est un REER ouvert au nom de votre époux ou conjoint de fait, auquel vous versez de l'argent. Le compte et les placements sont les siens : lui seul peut faire des retraits. La déduction, elle, est la vôtre. Elle passe par votre maximum déductible, qui couvre ensemble vos cotisations à votre propre REER et au REER de votre conjoint, selon la page de l’Agence sur le maximum déductible. Votre conjoint garde ses propres droits intacts pour son REER à lui. Si le total de vos versements dépasse votre maximum, l'excédent est traité comme pour un REER ordinaire : voir cotisation excédentaire au REER.
Vous pouvez y cotiser jusqu'au 31 décembre de l'année des 71 ans de votre conjoint, même si vous êtes plus âgé. Au décès du cotisant, son représentant légal peut encore verser au REER du conjoint survivant dans l'année du décès ou les 60 jours suivants, et la cotisation se déduit dans la dernière déclaration du défunt.
La règle des trois années
Sans garde-fou, on pourrait verser au REER du conjoint en décembre, déduire à un taux élevé, puis le faire retirer en janvier à un taux bas. La loi l'empêche : selon la page de l’Agence sur les REER de conjoint, un retrait est ajouté au revenu du cotisant s'il a cotisé à un REER de conjoint l'année du retrait ou l'une des deux années précédentes. Le conjoint qui retire remplit le formulaire T2205 pour calculer la part que chacun déclare.
| Dernière cotisation | Années « bloquées » | Premier retrait imposé au conjoint |
|---|---|---|
| 2025 | 2025, 2026, 2027 | 2028 |
| 2026 | 2026, 2027, 2028 | 2029 |
| 2027 | 2027, 2028, 2029 | 2030 |
La règle vise toutes vos cotisations à un REER de conjoint, pas seulement le compte dont on retire. Elle touche aussi les sommes transférées d'un REER de conjoint vers le CELIAPP du conjoint, considérées comme un retrait imposable. Pour un FERR qui a reçu des fonds d'un REER de conjoint, seule la partie retirée au-delà du minimum annuel est visée.
Ce qu'un retrait trop tôt coûte
Prenons un cotisant de l'Ontario qui gagne 50 000 $ et dont le conjoint a 20 000 $ de revenu. Un retrait de 20 000 $ fait dans la période bloquée s'ajoute au revenu du cotisant : environ 5 216 $ d'impôt en 2026. Fait une fois la période terminée, il est imposé chez le conjoint : 3 810 $. L'écart, 1 406 $, est tout l'intérêt du REER de conjoint, perdu par une simple question de calendrier.
L’impôt sur le retrait, chez l’un ou chez l’autre
Impôt réel sur le retrait
3 810 $
| Retenue à la source | 6 000 $ |
| Impôt dû au total | 3 810 $ |
| À payer en plus au printemps | 0 $ |
| Taux moyen sur le retrait | 19,1 % |
Le gain de fractionnement, chiffré
Le REER de conjoint sert surtout à la retraite, quand deux revenus inégaux se font face. Les tranches d'impôt sont progressives : deux revenus de 45 000 $ paient moins que 70 000 $ plus 20 000 $, pour la même somme de 90 000 $. Le tableau applique le barème 2026 des taux fédéraux et provinciaux à plusieurs partages d'un même revenu de couple.
| Revenus des deux conjoints | Impôt total, Ontario | Impôt total, Québec |
|---|---|---|
| 70 000 $ / 20 000 $ | 12 633 $ | 15 374 $ |
| 60 000 $ / 30 000 $ | 11 573 $ | 14 331 $ |
| 50 000 $ / 40 000 $ | 11 227 $ | 13 968 $ |
| 45 000 $ / 45 000 $ | 11 227 $ | 13 968 $ |
En Ontario, le partage égal fait économiser 1 406 $ par année par rapport au partage 70 000 $ / 20 000 $ ; au Québec, 1 406 $. La raison tient aux taux marginaux : à 70 000 $, chaque dollar de plus est imposé à 29,6 % en Ontario, contre 19,0 % à 20 000 $. Déplacer des retraits du premier vers le second fait passer cet argent d'un taux à l'autre. Ce calcul ne compte pas les crédits liés à l'âge ni au revenu de pension, qui réduisent l'impôt des deux conjoints.
Quand ce n'est pas utile
Si les deux conjoints auront des revenus de retraite semblables, il n'y a rien à fractionner : cotiser chacun à son propre REER donne le même résultat. Le REER de conjoint ne crée pas non plus de droits : le couple ne déduit pas davantage. Il faut enfin penser aux prestations : un revenu plus élevé chez le conjoint peut toucher sa Sécurité de la vieillesse, ou son Supplément de revenu garanti s'il en reçoit ; voir REER, SV et SRG.